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| We are the 99% |
Belle formule qui rallie des cadres aux ouvriers, les pauvres et les peu riches, cette très grande diversité dont le point commun se constitue dans une même culture de consommation et la même amertume que l'éducation n'est peut-être plus suffisante pour s'arracher au commun.
Mais la formule n'épuise pas le sujet.
Nous semblons aller de révolution en révolution, même si les
révolutions se font rares. Nous devinons tous que le monde change,
mais ce changement n'est plus tout à fait celui de la globalisation.
Son cap nous échappe, et nous n'arrivons par à deviner les
structures nouvelles qui se mettent en place, nous en ressentons ici
et là les effets sans pouvoir clairement désigner ce qui en est la
cause.
Sans doute est-ce que ces structures se
structurent et que seules les forces sont perceptibles. Elles
affectent l'ensemble de la société et en particulier les marchés
et les manières sont ses agents y agissent. On peut en deviner les
effets dans au moins trois grands phénomènes qui affectent nos
consommations.
Le premier d'entre eux est celui de la
communication. La multiplications des écrans et des techniques met
dans nos mains de remarquables outils qui nous font gagner en
productivité sociales : la combinaison des mobiles et des
réseaux sociaux industrialise les modalité capillaire de
communication, de telle sorte que la capacité à communiquer ne
dépend plus de la puissance des émetteurs mais de l'engagement des
relais. Les « personnal media » grignotent les mass media
et génère un tel flux d'informations que plus personne ne peut le
traiter, renforçant la nécessité pour les récepteurs se se
protéger par des filtres, et pour les émetteurs à entretenir des
nuées de militants. Cette quantité d'informations ne sont plus
traitées pour telles, mais doivent passer au travers du flitre
social, celui de la légitimité. Nos machines aujourd'hui produisent
moins d'information qu'elles ne façonne leur acceptation. La
méta-information, sous forme de notes et de commentaires, devient
aussi importante que le contenu de l'information. La question
centrale pour les consommateurs n'est plus de savoir où se trouve la
bonne information, mais qui la fournit. Les vieilles institutions
telles les journaux sont ébranlées sans que de nouvelles ne
s'imposent véritablement. Nous baignons dans l'information sans
qu'elle ne nous informe.
Le second est l'éclatement des
marchés, il résulte en grande partie des inégalités croissantes,
mais aussi du changement d'échelles des marchés qui fait de
populations marginales des ensembles considérables. Pensons aux
marchés du Luxe qui sont devenu des marchés de masse. Il résulte
aussi de cette découverte que même les plus pauvres consomment, et
élargissent la base de la pyramide de la consommation. L'innovation
prend ainsi un double chemin : celui des formules low cost,
visant à offrir ce qu'on offrait pour un coût réduit de moitié ou
plus, celui de la glamourisation qui tend à redonner de la valeur
aux choses les plus simples par un enrichissement symbolique. Dans ce
double mouvement qui complexifie ce qui est offert, élargit le
spectre des qualités, l'idée de meilleure valeur tend à se
dissiper, et l'on comprend que la thématique de la simplicité
s'impose, même si à l'analyse elle est moins simple qu'elle ne
pourrait sembler. Sa principale vertu n'est pas de ne pas être
compliquée, elle est sans doute d'ordre moral, une « originélité »
plus qu'une originalité.
Le troisième mouvement s'inscrit dans
l'idée de culture de consommation. Nous consommons moins pour
assurer des fonctions fondamentales, mais pour manifester nos
identités : nos appartenances et nos singularités, le respect
des normes et l'affirmation de soi. Nous ne consommons plus
véritablement au sens d'une destruction énergétique, comme on
consomme un morceau de pain. Nous produisons en consommant, nous
produisons une richesse sociale qui est celle du sens commun. Notre
consommation est une eucharistie. Et pour comprendre cette
consommation, il faut désormais comprendre qu'elle est culturelle,
que ses raisons sont à chercher en elle-même dans les formes
qu'elle a produit et à partir desquelles elle produit encore, dans
un grand mouvement de récupération qui va chercher aux marges de la
société des signes intéressants, les ajuste à cette pointe
exigeante de l'édifice social, et les digérant les inscrit dans la
culture ordinaire de la consommation. C'est dans la friction des
cultures que la culture se forme, qu'elle soit une confrontation ou
un mélange, le jeu de l’indigénisme et de l'exotisme.
Les 99% abusent sans doute de la
formule, il faudrait enlever les 24% de très pauvres, mais ils
disent bien l'ordre d'un monde saturé et en perpétuel recyclage,
qui ne connaît plus le vrai, en change sans cesse les figures, un
monde où le 1% maîtrise la production de ces grammaires. Leur
indignation témoigne de la dé légitimation du monde et de ses
représentations. La boussole des marché se tient moins dans la
maîtrise des techniques que la compréhension des cultures, le
rivage à atteindre est celui d'un droit naturel, celui de la
coutume, celui de l'hospitalité.
Et pour lancer le trait plus loin,
disons qu'il ne suffit plus d'innover, d'inventer, mais de prendre
soin que nos innovations puissent être accueillies avec attention en
ne délivrant qu'un minimum de déception. Leur légitimité est capitale.
Le texte est tirée d'une présentation plus détaillée faite à l'Ecole de Management de Lyon - IPC le 7 décembre 2011.
Le texte est tirée d'une présentation plus détaillée faite à l'Ecole de Management de Lyon - IPC le 7 décembre 2011.

1 commentaires:
Bonjour Christophe,
"ce monde qui s'enlise et redécouvre l'inégalité". Peut-être mais n'est-ce qu'un point de vue d'un membre privilégié dans une société trop protégée. Pas certain que les africains, les sud américains, les banlieues redécouvrent l'inégalité; ils la vivent au quotidien. Elle est constante dans nos vies et selon le degré de confort dont nous disposons. Le monde s'enlise, la fin du monde prévue par le calendrier, un cas à part ? Chaque époque est marquée par des bouleversements, par des incertitudes. Et c'est bien ainsi. Cette incertitude nous oblige à nous recadrer, à nous évaluer et définir notre essentiel. C'est également le cas pour ce marketing de recettes et de certitudes, que de nouvelles découvertes. Comment séparer le bon grain de l’ivraie ? Comment apprendre à apprendre ?
Cordialement
Didier
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