18 juillet 2011

Pourquoi partage-t-on nos liens?

Honk! Honk!

Ce n'est pas un fait nouveau. Depuis une éternité on partage nos livres, on prête nos disques, on parle des films qu'on a aimés. Mais le développement des technologies sociales permet dans un cadre technique défini par ces support de partager avec autrui les éléments digitaux auxquels on a accès. Qu'est-ce qui nous amène à Liker, à Twitter, à noter, à voter, à commenter et à nous engager dans le partage?

Curieusement la littérature est peu peu disserte encore sur le sujet. Autant l'influence des recommandations sur les choix sociaux est étudiée, autant le WOM reçoit une grande attention, autant la question des facteurs qui conduisent les internautes à recommander est finalement encore assez peu explorée.

La question est d'autant plus vaste qu'elle rejoint les questions anthropologique, sociale économique de l'échange. Mais sans s'y engager on peut noter sur ce terrain restreint un certain nombre de raisons. Mieux les comprendre sera essentiel aux politiques de communication.

Un premier facteur tient à l'objet partagé. On ne partage pas tout, on partage ce qu'on aime, ce qui nous a surpris, l'intérêt que l'objet revêt à nos yeux est donc essentiel, mais il est nécessaire d'aller au delà de la simple implication car s'il est des choses qu'on aime et que l'on veut partager, il en est d'autre que l'on tient secret ne serait-ce car on y perdrait quelque chose qui tient de l'unicité. Moins qu'une propriété de l'objet, c'est sans doute l'évaluation de sa transmission qui importe.

Cet objet a une source, et la relation qui nous lie à cette source peut aussi être importante. On peut retransmettre un presque rien de nos amis juste pour les saluer, juste pour leur donner de l'importance à la hauteur de nos ressources : le nombre de ceux qui nous suivent à travers les réseaux. La source est sans doute un des facteurs les plus déterminants. Nous voudrions être sur de cette hypothèse.

L'action en elle-même est un troisième facteur, elle demande un effort et amène des bénéfices. On comprend qu'un like ou une note représente moins d'effort qu'un commentaire, et que la note moins de risque que le like. Cependant le commentaire permet de ses signaler, d'obtenir une popularité. Cette économie de l'action est donc déterminante. L'espérance et l'effort, le plaisir et la douleur, le gain et la perte, l'action engage tout cela au delà de son objet. On peut obtenir un diamant au moment de l'agonie. La mesure est ce temps de jouissance, jouir de l'infini. L'action est liée au facteur temps.

Cette économie dépend largement de la position de l'individu dans la structure sociale. Que l'on soit fortement lié à d'autres et la recommandation produite aura une valeur plus grande, un risque aussi. La position sociale n'est pas seulement déterminante quand à l'espérance de gain, mais exerce aussi une pression normative, on peut relayer un message indépendamment de son contenu, et du bénéfice de l'action, mais simplement en remerciement d'un ensemble de sources qui nous sont importantes.

Il reste enfin cette hypothèse de personnalité. Certain sont généreux, d'autre moins, est-ce une question de nature ? Donner et recevoir n'est pas qu'une question de monnaie d'échange c'est aussi la volonté d'aller au marché offrir ce que l'on fait. Cela vaut peu pour certains beaucoup pour d'autres. Des normes sans doute, cet héritage des communautés, règles sans autre raison que l'histoire. Ce qui vaut à travers les saisons vaut pour la vie.

Cinq grands facteurs candidats à dire pourquoi nous avons appuyé sur le bouton. Pourquoi ne nous sommes-t-on pas contenté de consommer la sources mais avons-nous fait l'effort de dire aux autres notes choix. Personnalité, source de l'information, objet de l'information, action et position sociale apparaissent ainsi comme les facteurs enchevêtrés qui conduisent à agir. La recherche doit en envisager les contributions relatives.

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Pourquoi partage-t-on nos contenus? 


1 commentaire:

Christophe Benavent a dit…

A postériori, une enquête récente sur le sujet :

http://www.slideshare.net/mitchiru/the-psychology-of-sharing-by-nyt-cig-httpnytmarketingwhsitesnet?from=ss_embed