31 décembre 2010

Meilleurs voeux à nos amis et nos robots.

C'est l'usage, un plaisir mais aussi un moment inquiet : regarder en arrière ce qui a été fait et qui ne l'a pas été et voir devant ce qui devra être fait et ce qui n'arrivera pas. Mais balayons les inquiétudes, et regardons en souriant à l'avenir.

Marvin (PA)
Drôle d'avenir que celui que nous dessinent les technologies de l'information, Facebook s'empare de la première place au US, la reconnaissance faciale s'invite dans nos applications, les smartphones se greffent à nos corps mobiles et les robots non seulement investissent peu à peu nos maison mais dialoguent aussi sur nos écrans. On vient d'en évaluer quelques-uns récemment, et dans ces dernières heures de l'année une bonne nouvelle surgit des données : c'est l'humanité des artefacts qui nous incitent à les utiliser au fond.

En analysant finement les grilles de notation du jury, le modèle suivant semble avoir structuré le jugement *. Il fait apparaitre que l'intention d'usage des agents virtuels est déterminé d'une part par leur utilité – ce qui est au fond trivial même si cela correspond bien au modèle robuste du TAM, et par leur jouabilité : autrement dit par le plaisir immédiat que l'on tire de la conversation avec l'agent. L'utilité est elle-même fonction de la facilité d'utilisation et du sentiment d'efficacité du robot, là encore rien d'étonnant, sauf s'il l'on considère que cette efficacité supposée résultent du sentiment que le robot est aimable, amusant, chaleureux, sympathique, bref humain. Cette humanité semble aussi déterminante quant à la jouabilité et la beauté. 

Ces résultats sont provisoires naturellement, juste une esquisse d'un work in progress, ne sont pas incohérents avec ce que l'on sait déjà dans le domaine. Ils vont dans le sens d'une idée générale essentielle : nos machines ne sont pas admises dans la société par la seule force de leur efficacité mais par ce que nous leur prêtons une humanité faite de sollicitude et d'attention, d'affection, de sympathie et d'empathie. C'est au fond une bonne nouvelle.

Alors souhaitons pour cette année nouvelle, à l'heure où les technologies de l'information - mobiles- vont se répandre dans le moindre interstice de nos vies quotidiennes,  que nous soyons capables de donner aux robots les moyens de s'incarner, et de témoigner d'une sorte de théorie de l'esprit. Souhaitons qu'ils nous accordent toute la sympathie et la chaleur que nous attendons de nos amis.


* Sans donner trop de détail les données sont constituées des 92 évaluations de 21 agents virtuels formulées par les membres du Jury. Elles sont analysées par une séries d'analyse factorielles, et synthétisées au travers d'un modèle SmartPLS.

3 commentaires:

Jean-Philippe Galan a dit…

Bonjour Christophe et bonne année !

Si je peux me permettre deux commentaires :

1 - Ayant travaillé sur les agents virtuels (avec JL Chandon & B.L. de Diesbach) et parvenant à des résultats assez cohérents, j'avais une vision plus "pessimiste". Pour moi le fait que nous les évaluons outre leur efficacité sur l'humanité que nous leur prêtons n'est pas une bonne nouvelle. Ce que j'ai pu en observer, c'est que l'être humain, de plus en plus seul - même s'il peut se réconforter avec de larges réseaux d'amis sur FB, twitter, etc - comble un manque d'interaction avec un simulacre plutôt que de se rapprocher de ses semblables.

2 - Commentaire plus technique. Quel intérêt ici des moindres carrés partiels ? Y avait il de la multicolinéarité dans le modèle de base ? Pourtant à mon sens PLS est bien adéquat ici mais pour quelque chose qui me semble avoir été éludé : certains construits paraissent formatifs (ce qui n'a pas été pris en compte au vu du sens des flèches dans le modèle présenté). En effet, si je prends par exemple la jouabilité, on comprend bien que "réaliste" et "agréable" ne reflètent pas ce construit, ils le forment. Ce qui a pour conséquence -entre autres choses- que leur corrélation n'est pas nécessaire : un agent peut être réaliste sans être agréable et inversement. Non ?

Bonne année encore avec mes voeux de réussite pour tous vos projets.

Christophe Benavent a dit…

Merci Jean-Philippe,

Sur le premier point tu as sans doute raison mais j'avais envie d'être optimiste. Ceci dit j'ai sans doute surinterprété ce facteur d'humanité qui aurait pu être intitulé simplement présence sociale, car pensé ainsi (cf : le protocole http://msmoi.wordpress.com/2010/11/29/miss-client-2011-le-protocole-du-jury/)

Sur le second point, le faible nombre d'évaluations (92) justifie PLS et les concepts sont dérivés d'une série d'AF. Ils sont parfaitement réflexifs. A vrai dire il y a sans doute des facteurs de second ordre.

dernière remarque le dispositif d'enquête n'est pas orienté vers les consommateur mais le résultat d'un travail d'expertise.

Dans tous les cas, c'est tout a fait agréable d'avoir si vite des réactions sur ces résultats préliminaires!!

tous mes voeux

Yoann Romano a dit…

1984 et George Orwell disaient vrai... On se rapproche de plus en plus vers l'avènement de la domotique et des micro et nano-technologies. Quand on voit que Facebook n'existait pas il y 10 ans j'ai hâte de voir ce que l'avenir nous réserve !

Yoann