8 août 2008

Paradoxes de la diversité : choisir et classer


Une des questions importantes posée par le développement des technologies du marketing est celle de la manière dont les consommateurs appréhendent l’incroyable diversité d’options qui leurs sont proposées. Un lieu commun est de faire de cette diversité une vertu et une source de joie. Dans l’immense diversité offerte par le miracle de la longue traine chacun trouve ainsi exactement ce dont il peut avoir besoin.

Et pourtant un certains nombre d’arguments théoriques militent contre cette perspective proposant que l’infinité des choix possibles génère à la fois de l’insatisfaction et de mauvaises décisions. La complexité du traitement de l’information conduit à des stratégies de simplification erronées. C’est cette thématique que Barry Schawtz développe dans « When more is less ». Sa conférence est un merveilleux cours de psychologie appliquée au marketing qui avec intelligence rappelle les principaux résultats de la psychologie économique telle que l’ont développée les Amos Tversky , Daniel Kahneman , Richard Thaler et quelques autres théoriciens.


Une conclusion très générale que chacun peut tirer est que pour améliorer la satisfaction des consommateurs, et plus profondément leur permettre de prendre des décisions adéquates, la solution réside très certainement dans la réduction des ensembles de choix, dans la simplification des offres, à la condition naturelle que ces ensembles restent pertinents du points de vue des mêmes consommateurs.

Cette tâche est notamment celle des systèmes d’aides à la recommandation, dont on ne peut que souligner l’importance dans les stratégies marketing à l’heure digitale. Ce sujet est immense, mais arrêtons nous ici à un de ses aspects particuliers qui rejoint cette question de la diversité et des moyens dont le consommateur disposent pour se retrouver dans l’infini des choix : celui de la classification des objets.

Une des innovations importantes en ce domaine est celui des folksonomies, qui ne sont pas des taxonomies, c'est-à-dire des classifications considérées comme universelles, mais des catégorisations partagées. Les tags, ou méta-données et les systèmes qui les gèrent socialement t à ce jour sans doute la couche principale. David Weinberger en donne ici un aperçu vivant et clair, nous faisant toucher du doigt toute la difficulté de ce qu’en psychologie, on appelle le problème de la catégorisation, et dont Elenaor Rosch est une des spécialistes les plus importantes.




Everything is Miscellaneous
/ David Weinberger

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