1 août 2007

Droits de propriété


Certaines théories en font la pierre angulaire qui tend les voûtes de la société moderne, rationnelle et capitaliste. La propriété est une des questions centrales de l'économie de l'information. Il reste à la défendre.

La particularité des technologies dont nous usons est de reproduire à faible coût le moindre signal capturé sur le réseau. Que dans le droit, la propriété soit fondée et défendue ne fait aucun doute. Mais elle n'est pas respectée, et cela de manière massive. Ce fait seul justifie le discours de ceux qui ne voient aucun crime ni délit dans l'acte de copier. Si un usage est si large c'est que son interdiction même légale est illégitime. De meilleurs arguments pourraient être employés, des arguments plus profonds.

Mais ce qui retiendra notre attention ici, est que cet écart entre le droit et les possibilités, tend à stimuler des actions qui visent à le défendre et à le corrompre, redéfinissant du même coup la nature et l'étendue de la propriété.

Une première lecture des événements nous amènerait à conduire un double inventaire, une double histoire, celle du glaive et du bouclier. Une autre lecture oriente le regard vers des solutions alternatives. Pour parer la morsure de l'épée, plutôt qu'une côte de maille où un écu, il vaut mieux combattre en s'éloignant de l'aire d'attaque. Le Copyleft est une de ces parades. Parodiant le Copyright, il laisse à chacun le droit de copier pour autant que l'auteur original soit reconnu, s'inscrivant dans une économie de la gratuité, qui reconnaît la propriété, il introduit une nouvelle catégorie dans le jeu stratégique. Laure Muselli aura soutenu une belle thèse sur ce sujet. Un des exemples pratiques les plus remarquables est celui de Creative Commons.

Entre l'accaparement privé des sources de rentes, et un modèle public qui crée peu de valeur, cette solution discrimine entre les usages commerciaux et des usages privés, des usages qui génèrent de la valeur, en la préemptant, et les autres qui sont pure consommation en les exemptant du prix du droit. Ce modèle conserve alors la capacité à toucher une large population tout en préservant les sources les plus généreuses de valeur.

Ce n'est donc pas une question de morale, ou du moins elle n'est pas nécessaire, qu'importe la légitimité de la propriété, on peut y trouver les fondements d'une économie de la gratuité et une source de bien public : des biens auxquels on accède indépendamment de ses revenus.

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