31 juillet 2007

Les autoroutes et les petit chemins


Le XXème siècle aura été le siècle des médias de masse. Laissant naître les radios et la télévision en acceptant l'héritage de la presse, et l'offrant aux lois capitalistiques, il aura créé des autoroutes de l'information, des canaux capables de débiter à des dizaines de millions d'auditeurs, parfois des centaines, les mêmes signaux, les mêmes symboles et le même récit.

Les petits chemins des rumeurs, du commérage, de la conversation ne se sont pas tus pour autant. Servant certainement de relais aux fleuves principaux et à leurs affluents. On peut penser que ces derniers en dirigent le bruissement.

La situation nouvelle fait que ces petits chemins trouvent un plus vaste espace à parcourir sans plus d'efforts qu'aujourd'hui. Par les fibres du net, ils tissent leur résille à travers le monde. Organisés par des portails, sélectionnés par une évaluation permanente, ils se structurent en canaux dont la puissance et l'attraction semblent renverser la logique des vieilles autoroutes militant pour un espace continu. Notons l'importance du changement. Si l'autoroute par son échelle justifie la partition du territoire, les zones proches d'un accès bénéficient d'une rente les autres d'un impôt, les nouveaux chemins se frayent un passage dans la continuité de l'espace social et géographique, et rétablissent l'égalité de chaque lieu.

Dans tout les cas, l'enjeu pour les firmes reste à modeler les routes qui les mènent à leur clients, et leur permettent d'accéder à de nouveaux. Ces routes prennent plusieurs formes : des hubs géants auxquels des millions de points se nouent. Les tissus croisés de groupes d'affinité. L'éther d'une marée sociale. Une voie liquide où les idées en suspension se meuvent au gré des courants, de la houle et du sillage de ses habitants.

1 commentaire:

ck a dit…

regarde les voyages des mails selon google...
http://aletp.com/2007/08/31/como-os-e-mails-viajam-pelo-planeta/
beijos, de l'autre monde...