1 juillet 2007

Le paradis perdu de la customization


Imaginons un monde simple ou l'économie se réduit aux échanges avec le voisin. Ce n'est pas la société la plus minimale, nous y avons inventé la domestication des animaux, et dans le village il y a un sellier et un maréchal ferrant.

Le sellier a un travail assez étonnant, il doit personnaliser les deux faces de la selle, l'ajuster aux reins du cheval et au fessier du cavalier. La selle merveilleuse sera celle qui épargne le dos de la monture et le cul de celui qui la monte. Aucun des deux ne peut dire vraiment quelle forme lui convient, et tout l'art du sellier sera en montant les différentes pièces de respecter la charge de l'un et le désir de l'autre.

Mais le sellier ne limite pas son art à ce double ajustement. Notons avant de dépasser la limite, que cet ajustement est mené de manière inégale, quand l'un explique, l'autre se contente de hennir. Le sellier va au-delà, laisse sa signature, deux trois fils colorés emmêlés, choisit les cuirs, imprime son empreinte.

Dans cette courte histoire nous avons tous les éléments de la question de la personnalisation : un ajustement du produit à l'individu qui peut se multiplier à la mesure du nombre de ceux qui le consomme. Le symbole et la substance, qui font de l'objet un unique qui rappele le fait que ceux qui consomme sont uniques aussi, et consommant disent aux autres qu'ils ne peuvent se réduire à la consommation.

Dans cette courte histoire, qui n'est pas si vieille, vient une autre vérité, les modernes, ne créent pas un nouveau problème, mais en le revisitant doivent offrir de nouvelles solutions qui conviennent à des populations plus vastes, plus critiques, mieux informées, bref plus exigeantes.

Nous ne doutons pas que les technologies de l'information puissent résoudre élégamment la question de l'ajustement, nous nous interrogeons sur la manière dont elles peuvent permettre cette signature qui déclare la singularité du produit : celle du producteur, celle du consommateur et celle de l'objet lui même.

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